2010. december 9., csütörtök

Francia nők, angol nők

Madame Chauchat szerette Balzac-ot, nagyon is! Íme egy különösen érdekes részlet, amelyet egy sötét bordeaux-i estén olvasott:

"Quand une Française aime, elle se métamorphose ; sa coquetterie si vantée, elle l’emploie à parer son amour ; sa vanité si dangereuse, elle l’immole et met toutes ses prétentions à bien aimer. Elle épouse les intérêts, les haines, les amitiés de son amant ; elle acquiert en un jour les subtilités expérimentées de l’homme d’affaires, elle étudie le code, elle comprend le mécanisme du crédit, et séduit la caisse d’un banquier ; étourdie et prodigue, elle ne fera pas une seule faute et ne gaspillera pas un seul louis ; elle devient à la fois mère, gouvernante, médecin, et donne à toutes ses transformations une grâce de bonheur qui révèle dans les plus légers détails un amour infini. [...]
Au contraire, l’Anglaise [...] possède un masque impénétrable qu’elle met et qu’elle ôte flegmatiquement ; passionnée comme une Italienne quand aucun œil ne la voit, elle devient froidement digne aussitôt que le monde intervient. L’homme le plus aimé doute alors de son empire en voyant la profonde immobilité du visage, le calme de la voix, la parfaite liberté de contenance qui distingue une Anglaise sortie de son boudoir. En ce moment, l’hypocrisie va jusqu’à l’indifférence, l’Anglaise a tout oublié. [...]
Là où la Française console le patient par un regard, trahit sa colère contre les visiteurs par quelques jolies moqueries, le silence des Anglaises est absolu, agace l’âme et taquine l’esprit."

(Honoré de Balzac, Le Lys dans la vallée, Gallimard Folio classique, 2004, pp. 276-77.)

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